Et si l’intelligence artificielle (IA) devenait un levier d’autonomie pour les personnes âgées et leurs aidants?

Crédits : Lionel Préau
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C’est autour de cette question que s’est tenue la session du LAB OCIRP Autonomie du 27 mars 2025, à la Maison de l’Amérique Latine à Paris,  en partenariat avec Silver Valley, le premier écosystème européen dédié à la transition démographique. Une rencontre portée par deux interventions complémentaires de Mikaël Maslé et de Romain Ganneau, animée par Jean-Manuel Kupiec, Directeur du LAB OCIRP Autonomi


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En ouverture de la session, Jean-Manuel Kupiec s’interroge : l’IA va-t-elle exclure, isoler les personnes fragiles ou au contraire les armer Serons-nous dépendants des intelligences artificielles ? Serons-nous… les objets de nos objets connectés?

Ou, au contraire, l’IA peut-elle offrir des solutions performantes pour l’autonomie des personnes au quotidien : aider un senior à vivre chez lui plus longtemps grâce à la domotique et à la détection, soutenir un proche aidant en lui apportant un agencement de solutions, optimiser la mobilité, la prévention ? C’est une préoccupation majeure pour l’OCIRP, union d’institutions de prévoyance engagée pour l’autonomie.


Comprendre l’IA pour mieux en saisir les opportunités

Crédits : Lionel Préau

Mikaël Maslé, entrepreneur, expert IA et assurance et Secrétaire général de l’ESA, a ouvert la séance en proposant une plongée pédagogique dans les fondamentaux de l’intelligence artificielle.

Qu’appelle-t-on exactement IA ? Quelles différences entre machine learning, deep learning et IA générative ? Quels sont les usages déjà présents dans nos quotidiens professionnels – notamment dans le monde de l’assurance, où l’IA est déjà à l’œuvre pour analyser les risques, prévenir et gérer les sinistres, organiser la relation client ?

Mikaël Maslé a également replacé ces usages dans un contexte plus large : celui d’une actualité riche, marquée par les dernières innovations présentées au CES de Las Vegas ou les discussions autour de l’éthique de l’IA, à l’occasion du sommet mondial de février 2025. Enfin, il a rappelé les enjeux du AI Act européen, régulation d’envergure pour encadrer les usages de cette technologie en rapide expansion.

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Jean-Manuel Kupiec, Directeur du LAB OCIRP Autonomie, a souligné les principales problématiques juridiques liées à l’IA :

– la collecte massive de données

– le respect du droit de la propriété  intellectuelle

– la prise de décision automatisée 

– la diffusion de fausses informations via des robots.


IA et transition démographique : une cartographie

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Romain Ganneau, directeur général de Silver Valley, a prolongé cette intervention en en développant les usages de l’IA au service de la transition démographique. Son intervention s’appuyait sur une cartographie dynamique : identification des fragilités, détection des éléments indésirables, prédiction, personnalisation de masse, optimisation des performances, agents conversationnels … autant de domaines dans lesquels l’IA peut contribuer à mieux vieillir chez soi, plus longtemps, dans des conditions adaptées.

Mais il a aussi tenu à rappeler deux conditions essentielles à cette transformation :
* la robustesse économique des projets, pour aller vers des solutions viables à long terme ;
* le rôle crucial des entreprises généralistes, capables de penser l’intégration de l’IA dans des écosystèmes larges, à l’interface entre santé, autonomie, assurance, aménagement du territoire…


Une IA pour renforcer l’intelligence collective

Crédits : Lionel Préau

Le dialogue entre les intervenants et le public venu nombreux a permis d’évoquer la réglementation, les enjeux éthiques, le degré de conscience des acteurs, le rôle de l’Etat et de tous les acteurs de l’écosystème de la transition démographique ou encore les nouvelles façons d’apprendre et de travailler avec l’IA et l’importance primordiale de l’intelligence humaine pour nourrir l’IA.

Cette session du LAB OCIRP a fourni une occasion de penser l’IA comme un outil de transformation sociale, à condition d’être maîtrisée, régulée et développée de façon responsable. Elle ne remplacera ni les professionnels, ni les aidants, ni les proches, mais pourra les soutenir, les outiller, les accompagner.

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