Roméo Fontaine, Ariane Pailhé, Delphine Remillon. (2025). Tensions entre vie privée et vie professionnelle : qui sont les plus exposés ? Population & Sociétés, n° 637.
https://doi.org/10.3917/popsoc.637.0001
Il est courant en France de travailler tout en s’occupant de ses enfants ou de ses parents âgés, mais cela peut être source de tensions. Comment les hommes et les femmes ressentent-ils et elles l’articulation de la vie professionnelle avec la vie privée, compte tenu de la situation familiale ou du type d’emploi occupé ? L’auteur et les autrices dressent un bilan de ce vécu et examinent ses liens avec la santé et la fécondité à partir des nouvelles données de l’enquête Familles et employeurs (FamEmp, 2024).
Les transformations du travail et de la famille changent les conditions de l’articulation de la vie professionnelle avec la vie privée et soulèvent de nouveaux enjeux. Par exemple, le développement récent du télétravail allège certaines contraintes professionnelles mais peut brouiller les frontières entre sphères privée et professionnelle ; le vieillissement démographique et l’allongement de la vie active contribuent à accroître les responsabilités de certains actifs qui doivent s’occuper à la fois de leurs enfants et de leurs parents âgés. Les données de la première vague de l’enquête longitudinale Familles et employeurs (FamEmp) menée par l’Ined en 2024 permettent de décrire différentes dimensions de l’articulation des temps sociaux tout au long de la vie active.
Extrait :
Avoir de jeunes enfants ou aider un proche rend plus difficile l’articulation des deux sphères
(…)
L’enquête permet également de mesurer les difficultés à articuler activité professionnelle et responsabilités familiales pour les personnes aidant un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Ainsi, 15 % des 20-65 ans déclarent aider un proche au moins une fois par semaine dans la réalisation des activités de la vie quotidienne en plus de leur activité professionnelle. Elles expriment plus fréquemment de fortes difficultés à combiner ces activités (probabilité de 26 % contre 21 % pour les non-aidants) ; cela concerne les femmes plus que les hommes (respectivement 29 % et 24 %).
