Pourquoi deux personnes sur trois de plus de 60 ans ne bénéficient-elles pas de tous leurs droits et services pour l’autonomie ?

L’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), du Laboratoire de sciences sociales Pacte et de l’Université de Grenoble, en partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et l’École nationale supérieure de Sécurité sociale (EN3S), a réalisé une étude sur le non-recours aux droits et aux services, en particulier dans le domaine du soutien à l’autonomie et des soins, des personnes âgées de plus de 60 ans.

Un webinaire de présentation du rapport s’est tenu le 17 avril 2025. À cette occasion, Héléna Revil et Catherine Gucher, chercheuses au Laboratoire de sciences sociales PACTE de l’Université Grenoble-Alpes, ont analysé en profondeur les causes et implications du non-recours.

Retrouvez leurs analyses et les pistes d’amélioration proposées par Dominique Libault, président du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale en visionnant le replay du « Rendez-vous de la recherche sur l’autonomie » du 17 avril.

Visionnez le replay et découvrez le rapport complet sur le site de l’EN3S :

Extraits de la présentation du rapport :

Le non-recours, le plus souvent partiel, s’explique par l’organisation générale de l’offre de droits et de services et les ressources disponibles dans territoires. Les transformations intervenues ces dernières années, comme la dématérialisation des démarches ou la fermeture d’antennes de proximité, jouent aussi un rôle.

L’enquête qualitative souligne aussi que le non-recours, en particulier chez les personnes les plus âgées, ne peut se comprendre sans prendre en compte certaines spécificités liées au vieillissement, par exemple le phénomène de déprise et la fatigue de vivre.

Les enjeux familiaux et conjugaux sont en outre très présents et peuvent expliquer des situations de non-demande, notamment par crainte des conséquences sur l’organisation du quotidien ou sur les relations familiales que pourrait avoir un recours.

L’étude montre également comment des situations de précarité sociale, passées ou présentes, peuvent attiser le non-recours à des droits et services dans le domaine du soutien à l’autonomie ou de la santé. Plus généralement, elle souligne l’intérêt de saisir les situations de non-recours de manière processuelle, en les réinscrivant dans le temps long.

Enfin l’étude constate que, même lorsqu’elles demandent, les personnes ne sont pas toujours réorientées vers les interlocuteurs pertinents au regard de leur situation.